CIRCUIT PEDESTRE

 

 

  1. Place de Souvigny.
  2. Auditorium Saint-Marc.
  3. Porterie.
  4. Maison des Voûtes.
  5. Rue de l’Ancienne Cure.
  6. Rue du Vieux Château, Portail Trilobé.
  7. Rue des Orfèvres.
  8. Place Saint-Eloy.
  9. Tour des Condemines.
  10. Le Premier Collège de Souvigny, rue Maris Delaume.
  11. Rue du Chapeau Rouge.
 

 

Souvigny, autrement dit, Silviniaco (la forêt), est au Xe siècle un petit village groupé

autour d’une église Saint-Pierre, appartenant à Aymard, premier ancêtre des Bourbons. En 916, Aymard fait don de ses terrains de Souvigny à Bernon, fondateur et premier abbé de Cluny. Le modeste prieuré bénédictin connaît très rapidement un essor providentiel. Saint Mayeul puis saint Odilon, tous deux abbés de Cluny, meurent tour à tour à Souvigny ; l’un en 994, l’autre en 1049. Ils sont alors inhumés dans l’église monastique devenant rapidement un lieu de pèlerinage prisé. Le prieuré est source d’un très grand rayonnement spirituel dont l’expansion favorise l’accroissement du monastère et de la ville. Cette expansion est indissociable de l’ascension de la famille des Bourbons, fondateurs et protecteurs du monastère. Jusqu’à la fin du Moyen-Age, Souvigny est la première Capitale du Bourbonnais et demeure l’une de ses principales villes jusqu’au XVIIIe siècle.

Outre la visite de l’église Saint-Pierre-saint-Paul, un circuit pédestre à travers les rues et places Souvigny vous permettra d’aborder l’histoire de cette petite ville qui a gardé dans chacun de ses recoins l’empreinte de sa noblesse d’antan...

 Le circuit commence sur la place centrale de Souvigny, place Aristide Briand.

 

1. LA PLACE CENTRALE DE SOUVIGNY.

 

 

Cette place marque le centre de la ville de Souvigny. Elle regroupe divers commerçants dans les jolies

maisons du XVIIe et XVIIIe siècles qui la composent. Ces maisons ne montrent aucune sophistication des dispositions architecturales ; l’architecture de Souvigny reste plus « Bourgeois », empreinte de simplicité, que réellement « aristocratique ».

Jouxtant l’église prieurale, vous pouvez découvrir les bâtiments monastiques. Comme il est de rigueur dans la tradition bénédictine, ceux-ci s’étendent au sud de l’église. Ces bâtiments, élevés entre 1680 et 1772, remplacent les constructions d’origine commencées sous l’abbatiat d’Odilon, au XIe siècle. Ils furent agrandis au cours du temps et restaurés entièrement par le prieur de Souvigny, Dom Chollet, au XVe siècle. Après l’introduction de l’Etroite Observance, reforme interne à l’ordre clunisien, le prieuré de Souvigny connut une nouvelle période d’expansion et l’ensemble des bâtiments fut refait au XVIIIe. La façade visible du prieuré accueillait la porterie du monastère et la salle des hôtes. Le portail monumental donne accès à une cour carrée autour de laquelle s’élève la maison des religieux.

Plus à droite sur la place, la fontaine du XIXe siècle, témoigne d’une architecture néoclassique. Elle s’élève au centre de la place comme un petit temple dorique.

 

Au nord de l’église monastique Saint-Pierre-saint-Paul, s’élève l’ancienne église paroissiale Saint-Marc.

 

2. L’AUDITORIUM SAINT-MARC.

 

Ce bâtiment construit dans le courant du XIIe siècle dans un style roman

Bourguignon, servait d’église paroissiale. D’abord dédié à Notre-Dame, il était situé à proximité du château des sires de Bourbon et de l’église monastique Saint-Pierre-saint-Paul. Un cimetière Notre-Dame-des-Grâces séparait ces deux édifices religieux.

De l’église d’origine, seule la nef est conservée. Elle est flanquée de deux bas-cotés et compte cinq travées inégales, que l’on peut deviner de l’extérieur. Le chevet semi-circulaire, disparu à la Révolution, était flanqué de deux absidioles que nous pouvons encore remarquer aujourd’hui. Le clocher a été entièrement détruit.

Nous pouvons admirer à l’extérieur de l’édifice une décoration faite de modillons à copeaux et de cordons de billettes.

Au XVIIe siècle, l’effondrement de la voûte conduit à restaurer l’édifice nanti depuis d’un couvrement charpenté. Désaffecté puis vendue comme bien national à la Révolution, il servit de grange, de marché couvert puis d’entrepôt. Restauré à la fin du XXe siècle, l’édifice est désormais un espace culturel qui accueille des expositions, des concerts ou des conférences.

 

Poursuivez le parcours par le cours Jean Jaurès.

 

Vous apercevez sur votre droite lextérieur de léglise monastique et notamment les modifications apportées au XVe siècle par ladjonction de la chapelle funéraire du Duc Charles Ier et de sa femme Agnès de Bourgogne. Remarquez la décoration extérieure de cette chapelle faite de « Pots-à-Feu », symbole du connétable, Charles Ier étant connétable de France, le chef des armées du roi de France. 

Poursuivez tout droit et découvrez sur votre droite, une jolie construction qui marque l’entrée de la maison du prieur.


3. LA PORTERIE.

 

Ce portail monumental daté de 1670, comme le signale le cartouche dans la partie supérieure de la construction, donnait accès à la maison du prieur. Il fut élevé à la suite des réformes occasionnées par la signature du Concordat de Bologne conclue entre Léon X et François Ier en 1516, donnant au roi de France le droit de nommer lui-même évêques, prieurs et abbés des monastères. Ainsi, le roi nommait des abbés commendataires qui navaient pas toujours fait profession monastique et qui résidaient fort peu au sein du monastère. Cette construction réalisée sous ladministration du prieur Alexandre Le Grand, témoigne dune grande richesse et dune certaine noblesse digne dun grand seigneur. Le pavillon est surmonté dune tour carrée, décorée dun cartouche armorié bûché à la Révolution, et coiffée dun dôme à quatre pans.

 

La maison du prieur commendataire, construite au XVIIIe siècle, est visible depuis la route de Moulins. À l’origine, les constructions réservées au prieur entouraient et s’élevaient autour du chevet de l’église. Outre un oratoire, le logis prieural comportait un grand appartement de parade et une vaste salle d’audience autour desquelles s’étendaient de multiples cours et de grands jardins plantés d’arbres fruitiers, agrémentés de terrasses et de charmilles.

 



 

À proximité de ce portail, devant vous, se trouve la « Maison des Voûtes ».

 

4. LA MAISON DES VOÛTES.

 

Cette maison, ainsi nommée grâce à son couvrement du rez-de-chaussée, semble voir été au XIV et XVe siècle l’hostellerie des pèlerins. En 1652, son propriétaire, messire Jean de Ninerolles, capitaine et châtelain de Souvigny, cède sa maison, ses jardins, ses vignes et ses prés, afin d’accueillir ici un couvent de religieuses bénédictines. Les religieuses demeurent à Souvigny jusqu’en 1792.


 

Poursuivez votre parcours en remontant le cours vers la gauche et tournez à gauche « Rue de l’Ancienne Cure ».

 

5. LA RUE DE L’ANCIENNE CURE.

Dans cette rue se trouvait, comme son nom l’indique, l’ancien presbytère. Certaines maisons présentent des caractéristiques architecturales des XV et XVIe siècles. En effet, l’une d’elles est remarquable par sa tourelle d’escalier coiffée en pavillon ou sa porte d’entrée ornée de deux chapiteaux sculptés.

 

 

 

 

 

 

Au bout de la rue, devant vous se dresse l’ancien château des sires de Bourbons, situé aujourd’hui Rue du Vieux Château.

 

6. LA RUE DU VIEUX CHÂTEAU.

 

De lancien château des sires de Bourbon, il ne reste que peu de vestiges. La résidence sorganisait autour de deux cours successives ; dans la première dentre elles, quelques façades du logis seigneurial existent encore. Au fond de celle-ci, un porche donne accès à la seconde cour réservée plus particulièrement aux communs.

Le portail d’entrée du château présente un système défensif ingénieux. En effet, il est extrêmement large et fermé de deux portes successives. Les vantaux des portes s’ouvrent tous deux vers l’intérieur de la structure du portail, augmentant la difficulté d’enfoncer la deuxième porte. Ainsi, lorsque des assaillants voulaient pénétrer dans le château, après avoir franchi la première porte, ils se trouvaient pris sous le portail d’entrée, ce qui permettait aux défenseurs de la forteresse de jeter, des pierres et de l’eau bouillante sur les attaquants afin de les affaiblir.

Le logis était composé d’une haute tour visible de la rue, qui évoque un poste de garde, d’un colombier, d’une cuisine, bâtiment à part du reste de la demeure, d’un four, d’un garde-manger, d’ateliers de sculpture de pierre et de vitraux et de diverses pièces de logement néanmoins peu nombreuses. Dans l’enceinte du château se trouvait également une petite chapelle dédiée à sainte Catherine, dont il reste un petit portail trilobé, jouxtant l’église paroissiale Saint-Marc.

 

À partir du XIVe siècle, Louis II (inhumé dans la chapelle Vieille de l’église Saint-Pierre-saint-Paul) y installe son hostel puis, en 1374, la Chambre des Comptes, rapidement transférée à Moulins. À cause de la proximité des moines, celui-ci ne peut présenter ses attributs militaires. Anne Dauphine, femme de Louis II, demeure fréquemment à Souvigny, entre 1382 et 1417. Puis, Anne de Beaujeu, fille de Louis XI et femme de Pierre II, duc de Bourbon, séjourne également ici. Elle agrandit de deux bâtiments supplémentaires la résidence ducale qui malgré tout demeure assez rustique, conduisant ainsi à son abandon.

 

Remontez la rue de lancien Château puis tournez à gauche Rue du Puits Saint-Antoine ; Au bout de la rue poursuivez votre parcours par la Rue des Orfèvres (7) vous voici Place Saint-Eloy.

 

8. LA PLACE SAINT-ELOI.

Cette place aux foires a été réalisée au XIXe siècle à lemplacement de lancien « Hôtel-Dieu » réservé à laccueil des pauvres, et dune chapelle Saint-Eloi. Cette chapelle, sans doute destinée aux monnayeurs, a donné son nom à la place. Longtemps ce quartier fut celui des artisans et notamment des Orfèvres, des potiers, des boulangers, comme en témoignent certaines appellations de rues. À partir de 1792, la chapelle fut détruite et les bâtiments hospitaliers vendus et convertis en verrerie.

 

La verrerie de Souvigny voit le jour en 1755, à la suite d’un privilège accordé par le roi Louis XV à Hubert Puyette, fermier des mines de Noyant. Abandonnant son idée, il cède son privilège à Jean-Michel Salvart qui concrétise le projet et ouvre un atelier de maître verrier à Souvigny ; il perdurera durant plus de deux siècles. L’atelier comptait deux fours, l’un dans le bas de la ville, l’autre sur cette place, installé ici à partir de 1796. « Cet édifice horriblement noir que vous voyez, écrit Achille Allier en 1833, d’où s’échappent d’épais tourbillons de fumées et où des espèces de cyclopes remuent d’immenses brasiers et soufflent du verre rouge de feu est l’ancienne église Saint-Éloy. » Les verreries et cristalleries de Souvigny ne cesseront d’augmenter et d’améliorer leurs productions. Elles se spécialisent dans la fabrication de verres destinés à l’industrie hôtelière, aux grandes compagnies de navigations maritimes et aériennes. Mais la concurrence internationale et la crise économique des années 70 anéantirent la vitalité de la première activité industrielle du pays, provoquant sa fermeture en 1979.

 

Longez la Place et poursuivez rue de la Fontenelle, sur votre droite, malheureusement peu visible, vous pouvez apercevoir la Tour des Condemines.


9. LA TOUR DES CONDEMINES.

 

Cette tour dont on ne voit que la base est le dernier vestige de la deuxième enceinte de Souvigny construite au XIIIe siècle. Souvigny était une ville fortifiée dont les remparts étaient percés de sept portes donnant accès à la ville et portant les noms de « Porte de Moulins », « Porte de Saint-Menoux », « Porte de la Barre », « Porte de Queune », « Porte de Nevers », « Porte de Richevieille » et « Porte de Bourbon ».

En 1373, le Duc de Lancastre et ses troupes assiégèrent Souvigny sans succès mais une partie de la muraille fut détruite. Conformément à la volonté du Duc Louis II, à chaque entrée, le visiteur se devait de payer un impôt, afin de relever la muraille.

L’enceinte fut malgré tout détruite au cours des XVII et XVIIIe siècles. Aujourd’hui, seule la Tour des Condemines demeure. Son bossage l’apparente aux tours subsistantes du château de Bourbon L’Archambault construites au XIIIe siècle et surélevées par Louis II.

 

 

 

Revenez sur vos pas et redescendez Rue Maris Delaume, cette rue a accueilli le premier collège de Souvigny.

 

10. LE PREMIER COLLEGE DE SOUVIGNY, RUE MARIS DELAUME.

 

Le premier collège de Souvigny fut fondé en 1630, les registres paroissiaux font foi de trois recteurs consécutifs entre 1630 et 1641, et surtout de la bénédiction de la cloche le 30 novembre 1644, baptisée sous le nom de Jeanne. Deux filles de la Providence, servant l’hôpital, donnaient l’instruction aux enfants des deux sexes. Les recteurs devaient se conformer au règlement suivant :

-        1° Tous les jours, à l'exception seulement des dimanches, fêtes et jours de congé, la classe entrera et commencera à 8 heures précises du matin pour finir à celle de 2, et à une heure de relevée pour finir à 4.

-        2° Pendant les heures ci-dessus fixées, le recteur sera tenu de rester à sa classe, d'y maintenir l'ordre et la tranquillité, d'y instruire et enseigner, par lui-même, les écoliers qui s'y rendront, auxquels il apprendra principalement les principes de la religion et de la morale, ainsi qu'à lire, écrire, chiffrer et compter, et donnera des leçons sur la grammaire française et latine à ceux dont les parents le désireront.

-        3° La classe du samedi soir de chaque semaine sera consacrée à la répétition de tous les articles du catéchisme du diocèse qui auront été enseignés pendant le cours de la semaine, à la suite de laquelle répétition et conformément aux titres de la Fondation, le recteur sera tenu de dire et faire dire à ses écoliers, dans le dit collège, le salut de la Vierge, selon les saisons de l'année.

-        4° Tous les dimanches et fêtes, il assemblera au collège, le matin, les écoliers pour les conduire à la messe paroissiale, pendant la célébration de laquelle il veillera à ce que chacun d'eux s'y comporte avec décence et piété.

-        5° Les jours de congé ordinaires sont et demeurent fixés : au jeudi de chaque semaine, lorsqu'il ne se trouvera point de fêtes, et lorsqu'il y en aura la fête tiendra lieu de congé.

-        6° Pareillement, sont et demeurent fixés : les congés pour le carnaval, aux trois jours gras seulement ; pour le temps pascal, depuis le jeudi saint inclusivement jusqu'à et y compris la dernière fête de Pâques, et pour les vacances, à quinzaine que commencera le premier jour de vendanges.

-        7° Chaque écolier sera tenu de payer par avance son mois d'école dont le prix est fixé, savoir : huit sols pour apprendre à lire seulement, quinze sols pour apprendre à lire, écrire, chiffrer et compter ; quarante sols pour enseigner les principes de la grammaire française et latine ; le tout pour chaque mois.

-        8° Il sera fait défense au recteur d'exiger plus forte somme que celle ci-dessus fixée, laquelle fixation a été déterminée d'après les émoluments attachés au collège et dont jouit le dit recteur. Il lui sera enjoint de se conformer à cette ordonnance en tout son contenu sous peine de destitution.

Suite à la Convention et surtout la loi sur l’organisation de l’instruction publique, il y eut deux écoles primaires à Souvigny. Chaque école fut alors divisée en deux sections, l’une pour les garçons et l’autre pour les filles. La difficulté à trouver un logement priva longtemps Souvigny de son école publique. Néanmoins, les archives révèlent que selon la loi du 17 pluviôse, deux commissaires furent envoyés à Souvigny afin de s’assurer que l’école observait strictement les principes de la morale républicaine. Souvigny a gardé depuis ses deux écoles maternelles.

 

 Tournez à gauche, Rue du Chapeau Rouge.

 

11 LA RUE DU CHAPEAU ROUGE.

 

Cette rue doit son nom aux nombreux cardinaux, coiffés du chapeau rouge, qui y séjournèrent. En effet, ses demeures accueillaient les cardinaux de passage à Souvigny ; larchitecture classique et soignée des divers bâtiments présentent encore quelques traces de leur grandeur dantan.

Dans cette Rue, vous pouvez entrer à droite, dans l’atelier du potier de Souvigny et à gauche dans le « Centre des Métiers d’Arts ». Vous y découvrirez le travail de la pierre, du verre et des métaux selon les techniques traditionnelles de l’artisanat.

 

Au bout de la rue, regagnez la Place Centrale de Souvigny (1).


La visite de l'église prieurale (au départ des musées) et l’ouverture des musées et jardins à lieu du 2 janvier au 31 décembre toute l'année et tous les jours (sauf mardi et lors des célébrations religieuses pour la visite commentée de l’église)
Horaires : 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures ; du 1er juillet au 31 août le musée est ouvert jusqu'à 19 heures
-Les tarifs des visites sont les suivants :
Tarifs individuels : visite guidée de l’église, 4€ ou accès aux musées et jardins, 4€ ; forfait visite guidée de l’église et accès musées et jardins, 6,50€
Tarifs groupes (30 personnes) : visite guidée de l’église, 3,20€ ou accès aux musées et jardins, 3,20¤ ; forfait visite guidée de l’église et accès musées et jardins, 4,80€.
Tarifs enfants : gratuit jusqu’à 11 ans ; accueil de groupe scolaire, 1€.
Contact : Musées de Souvigny, BP 27, 03210 Souvigny ; téléphone, 04 70 43 99 75.